photo Pavel Chervenkov

Nous avons la conviction que les œuvres et la vie de Pauline Viardot devraient être largement présentées à un public plus vaste. Nous voyons-là la possibilité d’établir une future collaboration entre différentes organisations culturelles.

Notre objectif est de transformer un récital en une représentation artistique sophistiquée et syncrétique en y incluant des éléments de théâtre et en faisant revivre les rencontres intellectuelles de Viardot. Nous considérons qu'une telle « pièce musicale » est la forme qui permet le mieux de montrer Pauline Viardot non seulement comme une véritable compositrice et cantatrice mais aussi comme une médiatrice culturelle aux talents variés.

Nous pensons que notre projet mérite d'être mis en scène dans toutes les villes qui ont marqué la vie de Pauline Viardot, comme Séville, Londres, Baden-Baden, St Pétersbourg et Paris bien sûr, pour n'en citer que quelques unes.

Viardot parlait cinq langues couramment et eut l'occasion de beaucoup voyager lors de ses tournées brillantes à travers l'Europe. Pendant ses voyages elle apprenait non seulement la langue mais s'intéressait aussi à la culture musicale des pays où elle vivait et où elle travaillait. Ses compositions reflètent ainsi l'écriture musicale européenne sur plus d'un demi-siècle. Elle écrivit des chants folkloriques italiens, des morceaux de musique de chambre français et des chants allemands. Même s'il est courant de trouver dans son écriture un style instinctivement mélodieux et gracieux, son expression va des chants inspirés du folklore italien ou espagnol, aux décors remplis d'une profonde émotion de Goethe, Mörike, Pouchkine et Tourgueniev.

Ce spectacle musical s'attache à mettre en vedette la musique composée par Pauline Viardot. Elle montre l'évolution de Viardot comme diva, épouse, amante et compositrice, et met l’accent sur la carrière d’une femme émérite du 19ème siècle.

PROGRAMME

Madrid

Alfred de Musset/ Pauline Viardot

Le poète fait la louange de Madrid, de sa beauté émouvante, de ses taureaux furieux et de ses femmes aux belles robes. Il est amoureux d’une princesse andalouse, délicate dans son long voile, un ange qu'il parvient à séduire après une soirée de carnaval.

Les filles de Cadix
Alfred de Musset/Pauline Viardot

Le poème est écrit par Alfred de Musset. C'est la dernière chanson de la série «Six mélodies», publiée en 1888. Les filles se promènent dans ce port espagnol, se divertissent en assistant à des corridas et en dansant. Elles ne sont guère impressionnées par le jeune gentilhomme tiré à quatre épingles qui tente de les attirer par son or.

Grands oiseaux blancs
Louis Pomey/Pauline Viardot

C'est une prière touchante, adressée aux oiseaux marins afin qu'ils protègent ceux qui prennent la mer et veillent à ce que leur voyage soit exempt de dangers.

L'enfant et la Mere
Poet unknown/Pauline Viardot

Chanson écrite par Pauline Viardot sur un texte anonyme, sous forme d'un dialogue entre une mère et son enfant mourant. Aux derniers instants de sa vie, il entend des voix, sent des parfums étranges et voit l'image d'un ange dans les bras duquel il veut se jeter... Derniers moments de la vie.

Plainte d'amour
Louis Pomey/Pauline Viardot

Arrangement d'une mazurka de Chopin par Pauline Viardot, le texte est de Louis Pomey. La bien-aimée du poète est loin et, bien qu'il lui semble l'avoir vue dans ses rêves, il sent la mort dans son cœur.

Aime-moi
Louis Pomey/Pauline Viardot

Une autre variation sur une mazurka de Chopin par Pauline Viardot. Le poète obéit à l'ordre de sa bien-aimée qui lui demande de l'oublier, mais après cela, elle ajoute en pleurant : « Calme-toi, mettons fin aux disputes absurdes, je t'adore, appartiens-moi. »

Chopin, Prélude - Op. 28 Nº 4

Il s'agit d'un des 24 Préludes de Chopin. A la demande du compositeur cette oeuvre a été jouée lors de son enterrement. Le dernier tempo indiqué par Chopin dans cette composition est smorzando (en s'atténuant).

Frantz Liszt – Liebesträume N° 33

C'est le dernier des trois nocturnes écrits par Liszt et le plus populaire de tous. Le poème de Freiligrath pour le célèbre troisième nocturne est consacré à l'amour mûr et absolu. (« Aime tant que tu peux ! », « O lieb, so lang du lieben kannst »).

G. Rossini - Otello - G. Rossini
« Otello » opéra en trois actes,
libretto de Markeze Francesco Berio di Salsa sur la tragédie de Shakespeare - aire de Desdémone

Dans Le chant du saule Desdémone, incapable de comprendre l'attitude de son époux, se souvient d'une de ses servantes qui racontait comment elle avait été abandonnée... Entre Othello qui, aveuglé par la jalousie, étrangle Desdémone qui ne cesse pourtant de clamer son innocence.

Conjuration - Alexandre Pouchkine
/ Pauline Viardot

Encore une chanson sur un texte de Pouchkine. Le poète appelle l'esprit de sa bien-aimée défunte en le conjurant d'apparaître, comme une étoile lointaine, comme un souffle de vent léger ou comme un spectre effrayant, peu importe, afin qu'il lui dise qu'il l'aime encore.

Clé de l'énigme - Ivan Tourgueniev
/ Pauline Viardot

Une chanson sur un texte de Tourgueniev. Le poète décrit le mystère qu'il lit dans les yeux de sa bien-aimée et dont il essaye de déchiffrer le langage secret, la longue attente et le moment merveilleux de la caresse, lorsque toutes les inquiétudes et les doutes s'évanouissent...

Moriro
- poète inconnu / Pauline Viard

Viardot a composé cette chanson sur le texte d'un auteur anonyme. « Je vais m'en aller et tu seras heureux. Tu n'entendras plus ma voix souffrante, tu entendras le son de quatre cloches et de la petite cloche aussi. Une procession passe, sors et regarde, car c'est moi qu'on porte. »

Die Sterne
- Afanasy Fet / Pauline Viardot

C'est une des plus belles chansons composées par Pauline Viardot sur des vers d'Afanasy Fet. « Je reste immobile, le regard tourné vers les étoiles. Je m'imaginais... je ne sais même plus ce que je m'imaginais... Dans une baie lointaine, les étoiles d'or scintillent comme une chorale divine. Maintenant, je les aime davantage qu'avant, les étoiles, la chorale divine... »

Anton Rubinstein
– Melody in F, Op. 3 Nº 1

Cette mélodie, composée au milieu du dix-neuvième siècle, est son œuvre la plus populaire qui lui a apporté une gloire mondiale. Elle a été interprétée pour la première fois par l’auteur à un concert à Saint-Pétersbourg en février 1852 et a été publiée la même année.

« Pour les Juifs je suis un chrétien et pour les chrétiens, un Juif. Pour les Russes je suis un Allemand et pour les Allemands, un Russe. Pour les classiques je suis un novateur et pour les novateurs, un réactionnaire, et ainsi de suite. En conclusion : je ne suis ni chair ni poisson, un pauvre bougre. » Anton Rubinstein

Canzone d'amore
– Ti voglio amar - poète inconnu/Pauline Viardot

Une des chansons tardives que la cantatrice a composée sur un texte anonyme. « Je veux t'aimer, même si la terre tremble, si le ciel s'effondre, même si tu m'abandonnes. Si mes yeux sont en guerre avec les tiens, je veux t'aimer et si tu peux en être heureux, je veux t'aimer. »